Voici l'article qui a paru dans le magasine Tourisme Plus hier. Cet article à été écrit par m. Désiront du journal La Presse. Très bonne réaction a date des intervenants de l'industrie du voyage. Cet un article en 2 parties. Je ne suis pas d'accord avec tout, mais ça reflète quand même bien l'interview que j'ai eu avec m. Désiront.
1ere partie
Voyageparcourriel : une plaie ou une bénédiction pour l’industrie?
Depuis le 19 mai, plusieurs dizaines d’agences de voyages du Québec reçoivent des demandes de cotation par courriel, qui leur sont acheminées, au nom de clients, par une compagnie Internet, jusqu’ici inconnue au bataillon : Voyageparcourriel.com (http://voyageparcourriel.com). Ce nouvel acteur sur le Web achemine gratuitement des demandes de soumissions à un certain nombre d’agences de voyages situées dans un rayon variant de cinq à 50 kilomètres du domicile du consommateur intéressé.
Plusieurs agents de voyages y voient la résurgence, en version Web, d’un phénomène que l’on croyait endigué : le magasinage. Mais Denis Jutras, directeur du développement de Forgestik, la compagnie qui met Voyageparcourriel.com en ligne se voit plutôt comme « le sauveur » des petites agences qui perdent des parts de marché aux mains d’Expedia, Travelocity et autres Orbitz de ce monde…
C’est la directrice d’une agence de voyages de Laval, qui nous a alertés. Elle était dubitative. À la fin de la semaine dernière, elle a reçu deux demandes de cotations de consommateurs, qui lui étaient acheminées par Voyageparcourriel. Y figuraient notamment : le nom, le courriel, la ville de résidence et le numéro de téléphone du consommateur, ainsi que la destination, l’établissement et la date de départ qui l’intéressait. « Est-ce sérieux? », se demandait-elle.
L’entreprise qui met Voyageparcourriel.com en ligne s’appelle Forgestik et elle a pignon sur l’avenue Champagneur, à Outremont. Au départ, elle élaborait des logiciels de comptabilité. En 2007, elle a lancé un premier site Web de magasinage dans le secteur de l’automobile.
« C’est un site destiné aux gens qui veulent acheter une voiture et qui n’ont pas le temps de faire le tour des 15 ou 20 concessionnaires représentant la marque qui les intéresse dans leur région », explique Denis Jutras, directeur du développement de Forgestik et concepteur des sites Web.
« Si un consommateur de Montréal est intéressé par une Toyota, nous envoyons leurs coordonnées aux 34 concessionnaires Toyota de la région de Montréal, en demandant qu’ils leur soumettent leur meilleur prix pour le modèle qui intéresse le client potentiel. Ce sont des enchères à l’envers. »
Après l’automobile, Forgestik s’est attaqué à l’immobilier et au secteur hypothécaire. En septembre 2008, l’entreprise a lancé les sites Hypothequeparcourriel.com et Maisonparcourriel.com.
« Le client intéressé indique sur sa demande quel type de propriété il recherche et dans quel secteur, et nous envoyons sa demande à cinq agents d’immeubles ou maisons de courtage du secteur en question », indique Denis Jutras.
« À eux de lui soumettre des propositions. C’est la même chose pour les hypothèques. Nous envoyons les requêtes à des succursales bancaires et des courtiers en hypothèques comme Multiprêts, Intelligence Immobilières ou Hypotheca. Actuellement, nous traitons tous les mois 800 demandes d’hypothèques pour un montant moyen de 166 000 $, ce qui représente un volume de 132 M$. »
Comme les consommateurs bénéficient du service gratuitement, on peut se demander comment Forgestik se rémunère...
« Au début, nous assurons le service gratuitement, à titre d’essai, pour démontrer aux agents immobiliers ou aux courtiers en hypothèques que cela peut leur amener de bonnes affaires, répond Denis Jutras. Ensuite, nous allons les voir et nous leur demandons de nous payer un tarif fixe pour chaque demande qu’ils reçoivent. En échange, nous leur acheminons la demande 24 heures avant ceux qui ne paient pas pour le service. Et nous avons assez de fournisseurs qui nous paient pour rentabiliser nos opérations. Dans le domaine hypothécaire, par exemple, nous garantissons à ceux qui nous paient trois ventes sur 100 demandes qu’ils reçoivent. Nous sommes sûrs des résultats, car nous nous basons sur des statistiques. »
Une nouvelle forme de magasinage?
Forgestik a lancé deux nouveaux sites le 19 mai : Voyageparcourriel, dans le secteur du voyage, et Hotelparcourriel pour les consommateurs à la recherche d’un hôtel au Québec.
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2e partie
Voyageparcourriel : une plaie ou une bénédiction pour l’industrie? (2e partie)
Forgestik a lancé deux nouveaux sites le 19 mai : Voyageparcourriel.com (http://voyageparcourriel.com), dans le secteur du voyage, et Hotelparcourriel.com pour les consommateurs à la recherche d’un hôtel au Québec.
Pour le voyage, l’entreprise a payé une étudiante pour qu’elle leur déniche les courriels d’environ 200 agents de voyages répartis à la grandeur du Québec. Aujourd’hui, elle dispose d’une banque de 232 adresses.
Voyageparcourriel a dépensé plusieurs milliers de dollars (le directeur du développement, Denis Jutras, parle de sommes « dans les cinq chiffres ») pour référencer le site Voyageparcourriel sur Google, Yahoo, MSN, Branchez-vous et la Toile du Québec. « Actuellement, nous recevons une vingtaine de demandes de consommateurs tous les jours. Nous visons 1 000 demandes par mois, d’ici un mois. »
Sauveur ou pollueur?
À la grande surprise de Denis Jutras, qui se voyait déjà comme « le sauveur des petites agences face aux géants actifs sur Internet », les réactions sont mitigées. « J’ai reçu des appels émanant d’une quinzaine d’agences, dit-il. La moitié m’ont dit que l’idée était bonne, mais l’autre moitié nous ont dit qu’ils n’étaient pas intéressés et nous ont demandé de les enlever de notre liste. »
Ainsi, une directrice d’agences lui a signifié qu’elle ne voulait pas « de magasineux, que ce soit sur le Web ou en personne ». Une autre lui a signifié qu’elle considérait les demandes qui arrivaient dans son agence comme des pourriels. Et un troisième lui a dit que si ce nombre de requêtes augmentait, il devrait faire travailler un de ses agents à plein temps pour les traiter, « sans savoir si cela en valait la peine ».
« Pourtant, nous leur donnons une occasion de renverser la tendance qui leur fait perdre des parts de marché, s’indigne Denis Jutras. 80 % des Internautes magasinent sur le Web et la moitié achètent sans parler à un agent. Et sur quels sites vont-ils? Sur ceux d’Expedia, de Voyagearabais et d’autres discompteurs. Pas sur ceux des petites agences traditionnelles! »
Lorsqu’on fait valoir que ce sont surtout des consommateurs à la recherche de prix qui utiliseront ses services, Denis Jutras rétorque que c’est mal comprendre le fonctionnement du processus.
« L’agent de voyage doit faire son travail de conseiller, lorsqu’il reçoit une requête. Si la demande porte sur tel hôtel 4 étoiles à Holguin, par exemple, rien n’empêche le conseiller de rappeler le client pour lui dire : Écoutez, vous êtes intéressé par tel hôtel à Holguin. Je peux vous le faire à tant, mais pour 50 $ de plus, je peux vous réserver tel 4 étoiles et demie, qui est bien mieux situé et où la nourriture est bien meilleure. »
Selon Denis Jutras, dans les secteurs de l’assurance et de l’hypothèque, de 5 à 15 % des demandes débouchent sur une vente. Il estime que le nouveau site donnera des résultats similaires dans le secteur du voyage. Actuellement, le service est assuré gratuitement. Ultérieurement, Forgestik songe à demander 10 $ par référencement aux agences intéressées.
« Actuellement, les agences qui veulent se positionner sur Internet consacrent des fortunes au référencement, dit-il. Je crois que les sites comme les nôtres constituent la nouvelle vague en matière de publicité sur le Net, car le retour sur investissement est facile à calculer. »
André Désiront
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